A la découverte de Laon

Cathédrale de Laon

Je vous emmène aux portes du bassin parisien, dans l’Aisne plus précisément. Nous partons pour la promenade découverte d’une jolie cité médiévale, singulièrement perchée sur un éperon, Laon. Une escapade tout en hauteur qui culmine à plus de 180 mètres au-dessus de la plaine des Flandres. Nous allons donc grimper un peu, beaucoup, énormément… En serpentant sur les sentiers de la Cuve Saint-Vincent, en se faufilant dans les venelles étroites de la vieille ville, en franchissant ses portes et ses remparts fortifiés, ou en descendant au plus profond des creutes…

Les noms claquent ici comme la langue de Rabelais : la rampe d’Ardon, le chemin des Froids Culs, la ruelle aux Loups, aux Harengs, celle de l’Arbalète… Les flancs de la Montagne couronnée s’appellent Mont d’Alouette, Mont Morlot, et même Mont Blanc…Tout un programme…

 

 

De la ville basse à la ville haute : on prend les “grimpettes”

 

Il faudra franchir une bonne centaine de mètres de dénivelé, pour passer de la partie basse de la ville aux hauteurs de la cité médiévale. Une belle montée qui avoisine les 30 % à certains endroits… Et pour dire combien c’est raide, même les fruits et légumes avaient leur propre téléphérique autrefois ! Partons à pied en empruntant les fameuses “grimpettes”, ces quarante kilomètres de sentiers et d’escaliers pentus qui courent sur les flancs de la vieille ville. En quelques pas, sans crier gare, nous sommes au cœur d’une nature boisée, par endroit même infranchissable. Elle a pris sa revanche sur les jardins maraîchers, les vergers et les vignes qui couvraient, jadis, le coteau. C’est un d’un des visages pittoresques de Laon : ces immenses espaces nature comme la Cuve Saint-Vincent, enchâssés aujourd’hui entre faubourgs et remparts.

L’autre option pour arriver à la vieille ville sans prendre sa voiture : attaquer bravement l’interminable escalier municipal (1857) et ses 276 marches qui mènent directement de la gare au plateau… De l’avenue Gambetta, la vue plongeante est vertigineuse.

 

Une ville pleine de charme, blottie dans ses remparts

 

Quel meilleur moyen de découvrir tout le charme de Laon qu’en entrant par l’une trois portes fortifiées: La Porte d’Ardon précédée de sa redoutable rampe avec ses lacets en épingle à cheveu… La Porte piétonne des Chenizelles et sa petite rue pittoresque qui dominent la Cuve Saint Vincent… Ou la Porte de Soissons (dite Porte Saint-Martin) en contrebas de la belle église Saint-Martin.

 

Plusieurs kilomètres de promenades le long des remparts nous font découvrir des panoramas changeants, extraordinaires, sur la plaine et la ville. Des promenades souvent percées de venelles étroites avec leur atmosphère enveloppante, hors du temps. Tout Laon est là, au fil de ses rues qui se faufilent et se dérobent.

 

La cathédrale et ses rues anciennes

 

Voici un des quartiers emblématiques de la cité médiévale avec ses dédales de ruelles, de pavés, de passages, de petites places, de maisons anciennes … Et dominant un parvis qui semble si minuscule, la superbe cathédrale Notre-Dame couronnant majestueusement sa Montagne. C’est un des plus beaux exemples d’architecture gothique en France (XIIe) construite à la même époque que Notre-Dame de Paris. On retrouve cette incroyable élégance des volumes, cette verticalité impressionnante qui projette ses flèches au plus haut, comme un défit. À l’intérieur, le jeu incessant de la pierre et de la lumière est porté, aspiré par les immenses vitraux et rosaces changeant au fil du jour. Restez dans la vieille ville jusqu’à la nuit tombée pour pouvoir admirer les portails sculptés et les tours magnifiquement illuminés.

 

Et pour ceux qui n’ont pas peur de grimper encore, réservez votre visite pour gravir les 209 marches de la tour. Panorama époustouflant garanti.

 

Juste aux pieds de la grande dame, une visite au syndicat d’initiative est l’occasion de découvrir l’ancien hôtel-Dieu de Laon, un des plus vieux en France (XIIe siècle). La salle des Malades, la salle voûtée Bernard de Clairvaux et le cloître sont vraiment de toute beauté. À quelques pas, rue Georges Erman, entrons au musée d’art et d’archéologie, installé dans une ancienne commanderie templière. À l’arrière, nous découvrons la chapelle des Templiers (1140). Son choeur en octogonal très particulier est une réplique du Saint Sépulcre de Jérusalem. En poursuivant plus à l’est, nous allons vers la Citadelle. C’est une descente sous terre qui, cette fois, nous attend.

 

La Citadelle :  des sommets aux profondeurs de Laon

 

La Citadelle bâtie à la fin du XVIe siècle est aujourd’hui le lieu privilégié pour accéder aux différents niveaux du sous-sol laonnais. La ville construite sur des carrières est en effet un labyrinthe de galeries, de puits et de boves, les fameuses creutes. Ce maillage de souterrains qui se succède en profondeur sur plusieurs niveaux est un visage de la ville, plus inattendu et plus secret. Ils sont en partie accessibles lors des visites guidées.

 

(Infos)

Office de Tourisme – Hôtel-Dieu

7, place du Parvis Gautier de Mortagne 02000 LAON

Tél. : 03 23 20 28 62

www.tourisme-paysdelaon.com

 

Promenade insolite: La Hottée de Gargantua

Si vous aimez les endroits sauvages et pittoresques, faites une halte à la Hottée de Gargantua, à moins de 7 km de Laon, sur la commune de Molinchart. Cet impressionnant chaos de pierres aux formes étonnantes aurait été semé, dit-on, par le légendaire Gargantua lorsqu’il décrotta un jour ses chaussures… À moins que la faute en soit aux bretelles de sa hotte trop chargée qui cassèrent, laissant tomber à terre ces grès vieux de plus de 70 millions d’années. (Accès libre)