La galerie L’illu

Nous sommes partis à la découverte de l’Illu à Lille. Cette galerie d’art innovante promeut des talents régionaux dans une ambiance chaleureuse et un décor au style épuré. Sa fondatrice Caroline Devillers a accepté de nous parler de son projet.

De quand date ton projet de galerie ?

Caroline : « Mon projet date d’il y a cinq ans. A l’époque, j’étais encore salariée dans un bureau d’étude en tant qu’ingénieur en bâtiment. J’avais pour ambition de trouver un métier qui m’inspirerait davantage de passion et de créativité. J’ai mis quelques mois à savoir vers quel domaine je souhaitais me diriger. Le processus le plus long aura été de me lancer, c’est à dire quitter mon emploi pour mettre le projet en place. J’ai ouvert la galerie le 5 avril 2019 après avoir quitté mon poste le 7 avril 2018. J’ai mis un an pile pour créer le projet, rencontrer les artistes, trouver le lieu parfait, bâtir mon business plan. » 

Est-ce une certaine inclination artistique qui a fait émerger l’idée de ton esprit ?

C : « J’ai toujours aimé le dessin, je le pratique moi-même un petit peu. Mais ce que j’aime surtout, c’est découvrir des créations d’artistes. J’ai donc décidé de les vendre. J’aime bien l’idée d’un métier qui s’énonce clairement : Je vends des images. » 

Ces créations, que l’on peut observer sur tous ces murs, sont l’oeuvre d’artistes. Comment le choix s’opère-t-il ?

C : « Je suis d’abord partie à la rencontre des artistes que je connaissais via les réseaux ou des portes ouvertes d’ateliers. L’un des points de départ était les Ateliers Jouret à Roubaix, où j’ai pu découvrir les travaux de mes quatre premiers collaborateurs : Sonia Poli, Flouk, Jigé et Thadé. Au fil des rencontres, l’éventail s’est élargi.

Mise à part Clémence Monnet et Sophie Truand qui sont des créatrices parisiennes, les artistes sont pour la plupart originaires de la région lilloise. Plusieurs d’entre eux sont rattachés à des ateliers de la région tels Le Nouveau Lieu, les Ateliers Jouret et Lasécu.

Dans le domaine de l’illustration, les artistes ne sont que très rarement exposés. Ils font des fresques dans la métropole, des portes ouvertes d’ateliers, parfois des expositions… mais cela reste relativement occasionnel. Je leur propose donc de mettre leur travail à disposition du public 365 jours par an. Ils produisent entre 3 et 10 illustrations qui sont éditées exclusivement par la galerie. Parallèlement, ils poursuivent librement leurs projets personnels et autres collaborations… Mon travail est de mutualiser la production d’illustrations afin notamment de rendre les impressions moins coûteuses.

Le choix des artistes et des créations est cohérent avec la ligne que je me suis donnée pour la galerie : chaleureuse et décontractée. Les connaisseurs pourront reconnaître notamment des créations de Julie Daleyden, Sonia Poli, Waii Waii ou encore Knapfla. »

Galerie L’illu


Es-tu régulièrement sollicitée par de nouveaux artistes en recherche de collaboration ?

C : « En ce moment, ce sont entre deux et quatre artistes qui, chaque jour, franchissent le pas de la porte ou me contactent via Instagram ou e-mail. La demande est forte, les artistes peinent à se faire exposer. Cela montre que ce type de lieu est recherché à Lille, bien qu’il existe déjà en ville des lieux d’exposition tels que Quatre par Trois, Kencre et Chromosome A. »

Quels sont les supports proposés pour les illustrations ?

C : « A ce jour, on retrouve des dessins originaux, pré-encadrés ou non. Les reproductions sont imprimées en édition limitée. J’aimerais développer la gamme objets et papeterie. On peut d’ores et déjà trouver des broches réalisées par Sophie Truand ainsi que les céramiques de Jiem & Mary. » 

Peux-tu nous parler des évènements organisés à la galerie ?

C : « Idéalement, un artiste est mis à l’honneur chaque mois lors d’un évènement. Le temps d’une soirée, le créateur a carte blanche. Il illustre la vitrine de la galerie en direct, expose des oeuvres originales, propose des activités… Roro Mawouane va décliner en juillet prochain une collection de stickers. L’objectif est de sortir du vernissage classique tel qu’on se le représente aujourd’hui, et d’attirer un public qui n’est pas coutumier des galeries d’art. Je me considère comme à mi-chemin entre la galerie et la boutique. »

Les prix des oeuvres sont volontairement abordables, est-ce un parti pris ? 

C : « Rendre les dessins accessibles en matière de prix est un moyen de permettre à tout public d’exposer une oeuvre chez soi. Il est alors possible de se procurer sans difficulté plusieurs illustrations d’un même créateur. Nombreux sont ceux qui destinent certaines oeuvres à des chambres d’enfants, les plus petits formats disponibles pour une vingtaine d’euros le permettent.

Le public de la galerie s’attend à voir du renouvellement, la demande est forte et les artistes régionaux sont nombreux. C’est pourquoi les illustrations originales ne sont tirées qu’en une poignée d’exemplaires. »

Les ateliers, une autre raison de se rendre à l’Illu…

C : « Chaque mercredi, jeudi et samedi, des artistes viennent animer des ateliers d’initiation à des techniques. Pour 40 euros, il est possible de passer deux heures avec ClOük’ autour du papier découpé, avec Agnès Dumas pour travailler la gravure sur gomme ou encore avec Adèle Bontoux pour expérimenter l’aquarelle. Les ateliers sont ouverts à tous, y compris et surtout aux débutants. Cela permet d’entrer dans les coulisses de la création, de voir comment un artiste que l’on apprécie travaille, mais également de pouvoir expérimenter diverses techniques semblant parfois difficiles à saisir. » 

Informations :  

  • Mercredi après-midi de 15h à 17h
  • Jeudi soir de 19h à 21h
  • Samedi matin de 10h à 12h

Une nouvelle méthode de tirage signée Epson 

Les impressions d’illustrations suivent la technique de la digigraphie, label développé il y a une quinzaine d’années par Epson. Cette signature qualité est la méthode la plus adaptée aux reproductions d’oeuvres d’art, qu’il s’agisse d’aquarelle, de collage, de dessin…

Les tirages sont d’une qualité remarquable, et seuls quelques imprimeurs sont aujourd’hui labellisés en France. Mr. Arno, localisé à Wasquehal, est celui que Caroline a choisi. 

Carla Geib 

Galerie L’illu, 83 rue du Molinel 59000 Lille

Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h30 et le samedi de 10h à 19h 

Les illustrations sont disponibles à la vente en ligne sur : www.galerielillu.com

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